Sur les chantiers de Nantes, entre les micaschistes altérés du Sillon de Bretagne et les alluvions sableuses de la Loire, on tombe régulièrement sur des circulations d’eau que les essais de laboratoire ne capturent pas. Un perméamètre de chantier, qu’on le pose en forage destructif ou carotté, donne la vraie image du massif, fissures comprises. L’essai Lefranc, à charge variable ou constante, reste la référence pour les sols, tandis que le Lugeon s’applique au rocher. Avant de dimensionner un rabattement de nappe ou une injection d’étanchéité sous le niveau de la Loire, c’est ce qu’il faut avoir en main. On complète souvent ces mesures par une granulométrie quand les horizons sableux sont dominants, ou par un essai CPT pour corréler la perméabilité avec la stratigraphie fine des alluvions.
La perméabilité in situ, c’est la seule qui lit les fissures du rocher nantais — le labo ne voit que la pâte intacte.
Considérations locales
On descend la sonde dans un forage stabilisé, avec un obturateur simple ou double selon qu’on teste une poche isolée ou toute la colonne. À Nantes, le défi numéro un reste la tenue des parois dans les sables boulants de la basse vallée : une gaine qui ne tient pas, et l’essai est perdu. Le deuxième écueil, c’est l’effet piston dans les argiles molles : si on applique une charge trop vite, on fracture le terrain et on lit une perméabilité artificiellement gonflée. Enfin, sur les versants de la Chézine ou de l’Erdre, la présence de blocs erratiques de granite peut biaiser un Lugeon : si l’eau part uniquement par une fissure unique, le coefficient calculé ne représente pas la masse. Notre équipe croise toujours au moins deux méthodes de contrôle — essai d’eau et diagraphie sonique — pour valider la représentativité des valeurs avant de les passer au bureau d’études.
Questions fréquemment posées
Quel essai de perméabilité choisir entre Lefranc et Lugeon pour un terrain nantais ?
Tout dépend de la nature du terrain. En sol meuble — sables de Loire, limons, argiles — on utilise l’essai Lefranc, à charge variable ou constante selon la vitesse de dissipation. En rocher fracturé — typiquement les micaschistes du Sillon de Bretagne — on passe en Lugeon avec un obturateur qui isole la zone à tester. Si votre projet traverse les deux formations, on combine les deux méthodes le long du même forage.
Combien coûte un essai de perméabilité in situ à Nantes ?
Pour un essai Lefranc ou Lugeon réalisé dans les règles, avec rapport d’interprétation complet, il faut compter entre 580 € et 960 € par essai. Le prix varie en fonction de la profondeur, du nombre de paliers et du type de forage nécessaire. Une campagne de reconnaissance en bord de Loire demande souvent 3 à 5 essais pour couvrir l’hétérogénéité du sous-sol.
En combien de temps obtient-on les résultats d’un essai Lefranc ou Lugeon ?
L’exécution d’un essai Lefranc prend entre 30 minutes et 2 heures selon la perméabilité du terrain et le nombre de paliers. Un Lugeon complet avec 5 paliers dure environ 1 heure. Les données brutes sont disponibles immédiatement sur site ; le rapport d’interprétation avec les courbes débit-pression et le coefficient K vous est transmis sous 48 heures.